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Ya Tshitshi, Etiene Tshisekedi

Ya Tshitshi, l’Intemporel

Pour avoir traversé toutes les générations et pour être décédé sans mourir, Etienne Tshisekedi wa Mulumba est Intemporel.

Aucune génération, aucun épisode n’a réussi à se l’approprier. De 1960 à 2017, il ne fait pas partie de l’histoire politique du Congo, il la fait plutôt. En 2016, il est le seul, de sa génération, aux consultations de la St Sylvestre. Sous ses ailes, couvent alors différentes générations bien moins vieilles, qui le gratifient pourtant du surnom de « Ya Tshitshi ». Le Sphinx n’est pas mort. Il s’est juste mué en Fatshi-Beton

L’homme

Est né un certain mercredi 14 février 1932, à Luluabourg, actuel Kananga, dans le Kasaï- Central, en République Démocratique du Congo. Il est décédé un autre mercredi d’un autre février, soit le 01 février 2017, à Bruxelles, en Belgique. Marié à Marthe Kasalu, il est père de plusieurs enfants, dont le 3è, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, est aujourd’hui le 5è Président de la RDC. En 1961, Etienne obtient son diplôme de droit à l’Université Lovanium, aujourd’hui Université de Kinshasa, devenant ainsi le premier docteur congolais en Droit.

Après l’indépendance

Début septembre 1960, soit moins de trois mois après l’accession du pays à la souveraineté internationale, encore étudiant, ce natif de Luluabourg fait déjà partie du Collège des Commissaires Généraux, gouvernement provisoire mis en place à la suite de la brouille entre le Président Kasa-Vubu et son Premier Ministre Lumumba. Il y assume les fonctions de Commissaire-adjoint à la Justice, dont le titulaire n’est autre que son Marcel Lihau.

Entre 1961 et 1965, Etienne Tshisekedi sera, notamment, le Recteur Magnifique de l’Ecole nationale de Droit et d’Administration (EDA). Après la Révolution du 24 novembre 1965, il fait partie du tout premier gouvernement, dirigé par le Général Mulamba. Il prendra une part très active, avec Mobutu, Bomboko et Singa, à la rédaction de la Constitution de 1967 ainsi que du Célèbre Manifeste de la sele, document culte du Mouvement Populaire de la Révolution (MPR).

Un parcours d’exception

Décembre 1980, avec douze autres parlementaires, Tshisekedi rédige, au plus fort de la dictature de Mobutu, une lettre ouverte adressée à ce dernier, pour e dénoncer le  régime. C’est la célèbre « Lettre de 52 pages ». En 1982, il participe à la fondation de l’Union pour la Démocratie et le Progrès Social (UDPS). Il s’en suivra brimades de toutes sortes : relégations, emprisonnements. Certains de ses camarades en mourront et d’autres renonceront à la lutte. Seul ou presque, il poursuivra le combat.

 

Le 15 août 1992, à l’issue d’une très longue nuit électorale, il sera élu, par la Conférence Nationale Souveraine (CNS), Premier Ministre de la transition avec mission d’organiser au bout de quelques années des élections générales. N’en voulant nullement, Mobutu multipliera des obstacles jusqu’à l’arrivée de l’AFDL.

Combattant jusqu’au dernier souffle

Tshisekedi est décédé la veille de la date prévue pour son installation à la tête du Conseil National du Suivi de l’Accord de la St Sylvestre, obtenu à l’issue des consultations de la CENCO, dans lesquelles, il avait, quelques semaines plus tôt, jeté ses ultimes énergies en vue de leur aboutissement. Et il était parvenu. Non sans peine.